lundi 21 janvier 2019
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Les rêves de Harry

par Steve Vander Ark, le 24/08/2001.

« Ca ne fait pas grand bien de s’installer dans les rêves en oubliant de vivre, souviens-toi de ça. »

– Albus Dumbledore (ES13)

Même si la citation de Dumbledore ci-dessus est pleine de bon sens, cela ne ferait pas de mal à Harry d’analyser un peu attentivement ses rêves. Il s’y trouve souvent d’importants indices sur les événements en train de se dérouler. En fait, les pouvoirs extra-sensoriels de Harry ne se limitent pas aux pressentiments. Au-delà des rêves, il arrive à sentir la présence d’autres personnes même s’il ne les voit pas, lorsqu’elles sont cachées dans le noir (PA3).

Le journal des rêves imposé par Trelawney durant sa cinquième année aurait été un moyen idéal de mieux analyser ses rêves, bien sûr. Malheureusement, la manie favorite de Trelawney étant de lire le travail des étudiants à haute voix en classe, Harry ne se risqua pas à révéler le contenu de ses rêves à tout le monde en écrivant un devoir honnête.

Harry fit l’erreur de parler à Mr Dursley d’un rêve qu’il avait fait à propos d’une moto volante. Son oncle faillit rentrer dans la voiture précédente tellement il criait ; les Dursley détestent entendre parler de choses qui sortent de leur rôle habituel (ES2).

Quand il était petit, Harry avait rêvé de nombreuses fois qu’un parent lointain viendrait le chercher un jour pour l’emmener avec lui (ES2). Même s’il ne se doutait de rien à l’époque, son rêve devint réalité au-delà de ses rêves les plus fous lors de son onzième anniversaire.

Après son premier voyage à bord du Poudlard Express, sa présentation à l’école et la cérémonie de la Répartition, Harry fit un rêve étrange. Il portait le turban de Quirrell, qui lui parlait et lui disait d’aller à Serpentard. Le turban devenait de plus en plus lourd et se rétrécissait sur sa tête. Il voyait Malefoy en train de rire, puis Malefoy prenait l’apparence de Rogue, et son rire devenait sonore et glacé. Il se réveilla après un éclair de lumière verte. Les liens avec Voldemort sont évidents : le turban parlant, le rire sonore et glacé, l’éclair de lumière verte. Il est intéressant que Malefoy et Rogue soient liés à Voldemort dans ce rêve, l’un devenant tour à tour l’autre (ES7). Cela laisse présager le rêve de Harry dans la classe de divination des années plus tard, quand un hibou grand duc se pose sur un fauteuil dans lequel se tient Voldemort ; la famille Malefoy possède un hibou grand duc (CF29).

Après avoir passé trois nuits à contempler le reflet de sa famille dans le Miroir du Riséd, Harry commença à voir dans des cauchemars ses parents disparaissant dans un éclair de lumière verte tandis qu’une voix aiguë rit (ES13). La voix de Voldemort est décrite comme étant aiguë et glacée.

Pendant plusieurs semaines après le deuxième affrontement avec Voldemort, cette fois à Poudlard, Harry se réveilla dans la nuit couvert de sueur froide, de peur que le Seigneur des Ténèbres ne revienne (CS1).

Quand l’oncle Vernon enferma Harry dans sa chambre et mit des barreaux aux fenêtres, Harry rêva qu’on le montrait dans un zoo et que sur sa cage, un écriteau indiquait Sorcier de premier cycle. Il était allongé sur une litière de paille alors que la foule le regardait avec étonnement, tandis que Dobby, présent également, refusait de l’aider, répondant à la place : « Harry Potter est en sécurité ! » Puis les Dursley apparaissaient et tapaient sur les barreaux de sa cage. Quand il se réveilla enfinn, Ron était à sa fenêtre, tapant sur les barreaux pour attirer son attention (CS2). Étant donné ce que Dumbledore expliqua presque quatre ans plus tard propos du rôle des Dursley dans son plan de protection de Harry, remarquons l’association dans l’esprit de Harry entre sa sécurité et l’enfermement chez les Dursley.

Après avoir gagné le match de Quidditch contre Serdaigle en troisième année, lors duquel Harry utilisa le sortilège du Patronus pour éloigner ce qu’il pensait être des Détraqueurs, Harry fit un rêve. Il marchait dans une forêt en portant son Éclair de Feu, suivant quelque chose de blanc argenté, comme son Patronus. Il pouvait seulement l’apercevoir par instants, et quand il essaya de le rattraper, il entendit le bruit de sabots. Il fut réveillé avant d’avoir pu en rêver plus. Le Patronus qu’il suivait était le sien, prenant la forme d’un cerf, qui était également la forme que prenait l’Animagus de son père. Bien sûr, ce moment-là, il ne savait rien de tout cela (PA13).

La nuit précédant le match de Quidditch crucial contre Serpentard durant sa troisième année, Harry rêva d’abord qu’il ne s’était pas réveillé, que son équipe avait dû prendre Neville comme remplaçant, et avait perdu (PA15). En examinant ceci après avoir constaté les problèmes de Harry avec ses rêves dans OP, et en particulier à propos de la prophétie perdue, il est intéressant de voir que c’est Neville qui est choisi comme remplaçant, et qu’il a dû l’être parce que Harry ne s’était pas réveillé.

A la suite du rêve à propos de Neville, Harry imagina que l’équipe de Serpentard arrivait en chevauchant des dragons et qu’il avait oublié son balai (PA15). Moins d’un an plus tard, bien sûr, Harry dût passer devant un dragon en utilisant son Éclair de Feu (CF20).

S’étant endormi dans la bibliothèque à force de chercher des sortilèges en rapport avec l’eau pour la deuxième tâche, Harry rêva que la sirène de la peinture dans la salle de bains des préfets se moquait de lui et agitait l’Éclair de Feu au-dessus de sa tête tandis qu’il était balloté comme un bouchon dans une eau mousseuse à côté de son rocher. Elle le narguait en lui disant de venir le chercher, et lui répondait qu’il ne pouvait pas, Harry essayant vainement de l’attraper sans couler (CF26).

Le rêve de la sirène est intéressant car à ce moment-là, Harry sait grâce à l’indice donné par l’oeuf (même s’il n’en est peut-être pas conscient) que la seconde consiste à aller récupérer son bien le plus précieux chez les Êtres de l’eau ; puisqu’il raisonne en terme de biens matériels plutôt qu’en terme de personnes, il pense naturellement à l’Éclair de Feu, son bien le plus précieux, chose intéressante si l’on considère certains autres rêves de Harry où l’Éclair de Feu apparaît.

Lors d’un cours de divination de Trelawney, Harry s’endormit et rêva qu’il volait sur le dos d’un énorme hibou grand duc. Il se dirigeait vers une vieille maison couverte de lierre perchée sur une colline et entrait par une fenêtre à l’étage. Le hibou traversait un couloir jusqu’à une pièce obscure car les fenêtres étaient obstruées. Il n’était plus sur le dos du hibou. Le hibou se posait sur un fauteuil qui tournait le dos à Harry. Il voyait deux choses sur le sol : un énorme serpent et Queudver. Harry observait la scène pendant que quelqu’un dans le fauteuil torturait Queudver avec le sortilège Doloris en lui disant que son idiotie n’avait pas tout gâché. Quand Harry se réveilla après ce rêve, il sut qu’il avait une grande importance et alla directement en parler à Dumbledore (CF29).

Durant l’été suivant sa quatrième année, Harry fit des cauchemars pendant des semaines dans lesquels il revisitait le cimetière où Cedric était mort, et « même lorsqu’il échappait aux cauchemars dans lesquels il revoyait Cedric, il faisait des rêves inquiétants où se succédaient de longs couloirs sombres qui se terminaient tous par des culs-de-sac ou des portes fermées à clé. Sans doute étaient-ils liés à ce sentiment d’être pris au piège qu’il éprouvait lorsqu’il était éveillé. » (OP1) Harry n’avait même encore commis la faute pour laquelle il dût se rendre à une audience disciplinaire qu’il avait déjà visité Le ministère et vu la porte en question. Ces rêves, bien sûr, résultent soit de son lien avec Voldemort, soit de son talent inhabituel.

Lors de sa première nuit au square Grimmaurd, il s’endormit en pensant entendre…

« d’autres pas monter les marches… En fait, toutes sortes de créatures à pattes trottinaient derrière la porte et il entendit Hagrid, le professeur de soins aux créatures magiques, lui dire : « Elles sont magnifiques, pas vrai, Harry ? Ce trimestre, nous allons étudier les armes… » Harry voyait alors que toutes ces créatures avaient des canons à la place de la tête et qu’elles se tournaient vers lui… Dans un geste instinctif, il se baissait pour les éviter… »

Seuls les centaures ou les Sombrals peuvent trottiner ainsi, et les deux seront plus tard impliqués dans la bataille au Département des mystères – les centaures à la fois dans la confrontation avec Ombrage et dans la fontaine de la Fraternité Magique, et les Sombrals comme moyen de transport jusqu’à la bataille (OP6).

Durant les nuits passées au square Grimmaurd précédant son audience, Harry dormit mal et continua de rêver de couloirs et de portes fermées qui provoquaient des picotements le long de sa cicatrice, même s’il n’avait jamais vu la porte de sa vie avant le matin de son audience (OP6).

La nuit avant qu’il ne prenne le Poudlard Express pour entamer sa cinquième année (et également, même s’il ne s’en doutait pas à cet instant, la nuit où Sturgis Podmore fut arrêté), Harry dormit d’un sommeil agité.

« Ses parents allaient et venaient dans ses rêves, sans jamais lui parler ; Mrs Weasley sanglotait, penchée sur le cadavre de Kreattur, sous les yeux de Ron et d’Hermione coiffés de couronnes, et cette fois encore, Harry se retrouvait dans un couloir qui menait à une porte verrouillée. » (OP10)

En apparence, les couronnes sont le symbole des badges de préfets nouvellement désignés, mais cela semble signifier que Poudlard résonnera plus d’une fois au cours de l’année de l’hymne « Weasley est notre roi » – et pourtant Drago n’a encore rien écrit (il l’inventa quand Ron devint gardien). Intéressant, vu sous cet angle, qu’Hermione soit couronnée aux côtés de Ron. Dans ce contexte, Kreattur semble être un symbole du destin qui attend Sirius.

Nous arrivons ensuite à un rêve que Harry lui-même considère comme stupide : il fut interrompu par la vision du serpent géant de Voldemort. Harry rêva qu’il était de nouveau dans la Salle sur Demande avec Cho, qui l’accusait de l’y avoir attirée par la ruse. Elle disait qu’il lui avait promis cent cinquante cartes de Chocogrenouille si elle venait (le nombre de points qu’un attrapeur victorieux peut faire remporter à son équipe – Harry, Cho, et Cedric, bien sûr, étaient tous attrapeurs dans leur équipe respective).

« Harry s’indignait… Cho criait : « Cedric m’a donné plein de cartes de Chocogrenouille, regarde ! » Et elle sortait des poches de sa robe des poignées de cartes qu’elle jetait en l’air. Puis elle se transformait en Hermione qui disait : « Tu lui avais promis, Harry… Je crois que tu ferais bien de lui donner autre chose la place… Pourquoi pas ton Éclair de Feu ? » Et Harry protestait qu’il ne pouvait pas donner son Éclair de Feu Cho parce que c’était Ombrage qui l’avait et d’ailleurs, tout cela était ridicule, il était venu dans la salle de l’A.D. simplement pour accrocher des boules de Noël qui représentaient la tête de Dobby… »

Étant donné le symbolisme de l’Éclair de Feu dans le précédent rêve (CF), il est intéressant de voir Hermione conseiller à Harry de donner à Cho son Éclair de Feu à la place.

Les cartes de Chocogrenouille font écho aux tableaux magiques ; le fait qu’elles soient jetées en l’air est un rappel de la fin d’Alice au Pays des Merveilles, où Alice leur crie qu’elles ne sont rien d’autre qu’un paquet de cartes alors qu’elles se précipitent sur elle. C’est à ce moment qu’elle se réveille et trouve sa soeur en train de la brosser pour la débarrasser de feuilles mortes. Harry a raison d’associer Cedric aux portraits, vu le comportement de Vi (Ndt : l’amie de la grosse dame) le soir de leur sélection pour le Tournoi des Trois Sorciers.

Compte tenu des décorations faites par Dobby dans la salle de l’A.D pour Noël, les décorations inversées dans le rêve sont un clin d’oeil bien tourné, mais il faut prendre en compte les têtes d’elfes décorées pour Noël au square Grimmaurd où Harry passa effectivement Noël plus tard, même si au moment de s’endormir il pensait qu’il passerait Noël au Terrier.