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Tome 1 chapitre 1, résumé et analyse

Tome I – Chapitre 1 : Le survivant

Résumé

Le 31 octobre 1981, James et Lily Potter sont assassinés par Voldemort, qui répand la terreur depuis 11 ans. En tentant de tuer leur fils Harry (qui n’a qu’un an) ses pouvoirs se brisent inexplicablement et il disparaît, laissant une cicatrice en forme d’éclair sur le front du bambin. Alors que le monde magique fête cet évènement en l’honneur de « Harry Potter, le survivant », Hagrid amène l’orphelin en moto volante auprès du professeur McGonagall et de Dumbledore. Ce dernier confie le bébé à la famille de la tante de Harry : Pétunia Dursley, qui habite au numéro 4, Privet Drive.

Calendrier / dates à retenir

Ce chapitre se déroule le 1er novembre 1981.

Analyse

Ce premier chapitre ne marque pas seulement le début de la grande saga « Harry Potter » sans laquelle nous ne serions pas là : il regorge déjà d’éléments qui seront utiles pour la suite.

Dumbledore

L’image donnée par Albus Dumbledore a évolué à la fin de la saga, où nous découvrons son côté « culte du secret » hérité de sa famille. À la lumière de ces nouvelles connaissances, la relecture de ce premier chapitre permet d’aborder différemment les dires de ce personnage emblématique.

Lorsque Minerva McGonagall l’interroge à plusieurs reprises, il reste excessivement vague sur certaines éléments essentiels, comme la protection de Harry par le sang de sa mère (puisqu’elle s’est sacrifiée pour lui), néanmoins, il l’explique dans la lettre adressée aux Dursley.
Notons que la protection par le sang aurait pu ne pas fonctionner si Pétunia Dursley n’avait pas accepté de recueillir Harry ; elle a d’ailleurs failli changer d’avis au début du tome V (chapitre 2) après l’attaque des détraqueurs. Mais Dumbledore lui rappelle son engagement à l’aide d’une beuglante, qui évoque la lettre déposée dans ce premier chapitre. Le contenu de cette dernière ne sera révélé que 15 ans plus tard (Tome V – chapitre 37).
Bien que McGonagall pose clairement la question, Dumbledore ne révèle pas non plus qu’il avait la certitude que Voldemort reviendrait (Tome V – chapitre 37 et tome VII – chapitre 33), même s’il ne connaissait ni l’échéance, ni le moyen employé, puisque les horcruxes n’était qu’une théorie (Tome VI – chapitre 23).

Cependant, Minerva semble en avoir l’habitude puisqu’elle dit : « je suppose que vous n’avez pas l’intention de me dire pour quelle raison vous êtes venu dans cette endroit précis ». Pour une fois, Dumbledore répond à son interrogation en lui révélant qu’il va confier l’orphelin aux Dursley. Cependant, il ne précise pas qu’en plus de la menace de Voldemort (qui voudra tuer Harry lorsqu’il sera revenu), Dumbledore a peur de ses partisans actuels « en liberté, furieux, désespérés, violents. » (Tome V – chapitre 37).
En revanche, son objectif avoué de préserver le bambin de l’adulation des sorciers a parfaitement fonctionné, puisque Harry est un garçon modeste. McGonagall ne peut nier l’importance de ce but lorsqu’elle prédit très justement « Il va devenir célèbre – une véritable légende vivante – (…) On écrira des livres sur lui. Tous les enfants de notre monde connaîtront son nom ! ».

À de nombreuses reprises, Dumbledore ne révèle ses informations et ses intuitions qu’à des personnes judicieusement choisies, lorsqu’il sait que cela servira les objectifs qu’il s’est fixés.
Cette méthode peut s’expliquer tant par son côté manipulateur que par sa prudence ; il dira d’ailleurs à Rogue « Je préfère ne pas mettre tous mes secrets dans le même panier » (Tome VII – chapitre 33). En effet, plus le nombre de personnes au courant d’un secret est élevé, plus le risque que ce secret soit éventé est grand, que cela soit par le biais de la torture, d’une trahison, d’un acte de legilimancie… Si Voldemort avait appris plus tôt que sa technique des horcruxes avait été découverte, il aurait probablement renforcés leur protection et en aurait fabriqué d’autres.

Il faudra attendre le dernier tome pour savoir partiellement pourquoi le nez d’Albus « donnait l’impression d’avoir été cassé au moins deux fois. ». L’une des deux fois s’expliquant par le coup de poing donné par son frère Abelforth lors de l’enterrement de leur sœur ; Abelforth accusant Albus d’être responsable de cette tragédie, ce qui les hantera tous les deux toute leur vie.

Pour finir, nous voyons déjà le côté déjanté de Dumbledore qui, alors qu’il discute de sujets sérieux, prend le temps de plaisanter et d’offrir de la glace au citron (en VO, il s’agit de bonbons au citron). Cette gourmandise étant réutilisée plus tard comme mot de passe temporaire pour accéder à son bureau.
Lorsque Dumbledore dit qu’il rougit à certains propos de Madame Pomfresh et de Minerva McGonagall, le lecteur pouvait y voir un signe de romance ; cela sera démentie dans une interview de Rowling, qui apprendra que Dumbledore est homosexuel.

La famille Dursley

Dès le départ, l’antipathie de la famille Dursley est mise en avant au travers de ses multiples vilénies.
« Son existence [celle de Harry Potter] constituait une raison supplémentaire de tenir les Potter à distance : il n’était pas question que le petit Dudley se mette à fréquenter un enfant comme celui-là. » Pourtant, cela lui a fait le plus grand bien : pendant l’attaque des détraqueurs (Tome V – chapitre 1), J.K. Rowling a révélé que Dudley « s’est vu lui-même, pour la première fois, tel qu’il était ». La prise de conscience de ses défauts, associée à la fin de sa crise d’adolescence, le fera devenir plus humain par la suite.
Cette attaque n’est pas la seule qu’ont dû subir les Dursley ; en effet, ils ont dû fuir leur foyer lorsque la Trace de Harry allait tomber. Nous ne pouvons donc ignorer le réel danger que la famille Dursley a couru à cause du combat des Potter contre Voldemort, ce dernier étant bien sûr le premier responsable de cette situation.

La Magie

De nombreuses touches de magie émaillent les paragraphes. Comme la capacité d’être un animagus (McGonagall en chat), l’éteignoir (appelé plus tard « déluminateur » et légué à Ron), la moto volante (de Sirius), le transplanage (ou bien la cape d’invisibilité, lorsque Dumbledore apparaît soudainement), les sorciers (non camouflés) dans la rue et la cicatrice de Harry (qui révélera ses capacités magiques bien plus tard).
Cette cicatrice marque Harry physiquement, avant qu’il se rende compte qu’il l’est aussi d’une tout autre manière (il est l’Élu), ce qu’il ressentira tout au long de son adolescence.

Traduction

Dans la version française, les journalistes supposent que certains évènements inhabituels s’expliquent par de simples « feux de joie », alors que la version anglaise est plus précise : « Perhaps people have been celebrating Bonfire Night early – It’s not until next week, folks ! » (« Peut-être que les gens commencent déjà à célébrer la Bonfire Night ; ce n’est pas avant la semaine prochaine, les gars ! »). La « Bonfire Night » est une fête anglaise qui se célèbre le 5 novembre au soir par des feux d’artifice et des feux de joie.

Petits plus

–> C’est l’un des rares chapitres à ne pas être raconté du point de vue de Harry (avec CF1, PSM1 et les passages qui se déroulent dans les gradins lors des matchs de Quidditch dans ES11 puis ES13). Il est si singulier aux yeux des fans que nombre d’entre eux, à la fin du chapitre, ont dit avoir eu envie de lever « leur verre en murmurant : ‘À la santé de Harry Potter. Le survivant !’ ».
–> Le premier chapitre de ce tome a failli être le chapitre intitulé « L’autre Ministre », qui apparaîtra finalement dans le tome VI.

–> Apparition des personnages qui parcourront un long chemin avec Harry : Dumbledore, Hagrid, McGonagall…
–> Ainsi que de Dedalus Diggle, qui fera des apparitions discrètes tout au long de la saga.

–> ‘Dursley’ est écrit une fois avec une faute de frappe : « Mr Durlsey se glissa vers la fenêtre » (édition poche p12).

–> J.K. Rowling a expliqué sur Pottermore qu’elle avait choisi l’adresse des Dursley en fonction de la connotation de ses composantes :

  • le 4 est un chiffre qu’elle n’apprécie pas du tout et trouve très « dur et impitoyable » ;
  • le terme de « Privet » désigne en français le troène, un arbuste qui délimite bien souvent les jardins anglais et qui souligne le côté « clos » de la maison des Dursley, qui sont volontairement si éloignés du monde des sorciers, ainsi que leur côté conventionnel et ennuyeux ;
  • enfin « Little Whinging » fait référence à des lamentations, des jérémiades (traduction littérale de « whinging »), ce qui n’est pas sans faire penser au comportement pleurnichard qu’adopte Dudley devant sa mère pour qu’elle cède à ses caprices.
  • Par ailleurs, sans sans rendre compte, J.K. Rowling a fait une description de cette maison qui ressemble fort à la seconde maison qu’elle a habitée dans son enfance.

–> Les parents de Harry sont morts à 21 ans : tous deux sont nés en 1960 (DH16). Nous savons seulement que Petunia est un peu plus âgée que sa sœur (RM33) et qu’avant l’annonce de son admission à Poudlard elles étaient très proches et complices : Pétunia pourrait être née aux environs de 1958, voire début 1959, Lily étant née en janvier (RM16).
–> L’anniversaire de Dudley est en juin (ES2), celui de Harry le 31 juillet, et nous apprenons dans ce chapitre qu’ils sont à peu près du même âge. Au moment où se déroule ce chapitre, Dudley à 16 mois et Harry 14 mois.

Quelques citations 

« Mr et Mrs Dursley, qui habitaient au 4, Privet Drive, avaient toujours affirmé avec la plus grande fierté qu’ils étaient parfaitement normaux, merci pour eux. »

« Rien aujourd’hui ne saurait me mettre en colère. Réjouissez-vous, puisque Vous-Savez-Qui a enfin disparu. Même les Moldus comme vous devraient fêter cet heureux, très heureux jour ! »

« Mon cher professeur, je n’ai jamais vu un chat se tenir d’une manière aussi raide. »

« Il va devenir célèbre – une véritable légende vivante – je ne serais pas étonnée que la date d’aujourd’hui devienne dans l’avenir la fête de Harry Potter. On écrira des livres sur lui. Tous les enfants de notre monde connaîtront son nom ! »

« Je confierais ma propre vie à Hagrid, assura Dumbledore. »

« Les cicatrices sont parfois utiles. Moi-même, j’en ai une au-dessus du genou gauche, qui représente le plan exact du métro de Londres. »

« — Bonne chance, Harry, murmura-t-il.
Il se retourna et disparut dans un bruissement de cape. »

« A la santé de Harry Potter. Le survivant ! »