mercredi 12 décembre 2018
Accueil / À propos / Essais / Les problèmes avec le temps

Les problèmes avec le temps

par Steve Vander Ark, le 01/01/2002.

Nous savons que le second livre prend place en 1992 car Nick Quasi-Sans-Tête organise une petite fête pour son anniversaire de mort dans le chapitre 8. Sur la table, parmi la « nourriture« , se trouve un gâteau en forme de pierre tombale sur lequel est écrit en lettres noires :

Sir Nicholas de Mimsy-Porpington
mort le 31 octobre 1492

Alors, si on rajoute 500 ans à 1492, on peut facilement en déduire que cette fête prend place en 1992. Parfait ! Cette date a été vérifiée par Rowling elle-même. D’après Warner Home Video, elle a personnellement approuvé cette chronologie inclue dans le second DVD de la Chambre des Secrets, après quelques vérifications. Bref, la chronologie est canonique, et nous pouvons « officiellement » dire que Harry Potter est né en 1980, qu’il est rentré à Poudlard en 1991, et ainsi de suite.

Alors maintenant on devrait être capable de faire concorder tous les événements des livres avec ces dates, non ? Malheureusement, ce n’est pas si simple. Pour une chose d’abord : Nick dit un jour que cela fait presque quatre cent ans qu’il n’a pas mangé (ES7). On peut d’ailleurs en déduire que les fantômes ne peuvent pas manger dans l’univers de JKR, alors on devrait remettre ces 500 ans en question. Peut-être a-t-il passé ces 500 ans à essayer de s’attirer la sympathie du Club des Chasseurs Sans Tête, ou peut-être s’est-il embrouillé dans les chiffres sur le moment ; c’est un fantôme, il peut peut-être perdre la notion du temps par moments, vivant dans un monde quelque peu parallèle. Et s’il a des problèmes avec les dates, peut-être que le jour des 500 ans de sa mort était aussi faux ! Mais cela semble peu probable, néanmoins. Cette fête étant importante, cela fait sûrement longtemps qu’il y pense.

Mais ça se complique. On donne un certain nombre de dates (mais sans l’année) ; et parfois des jours de la semaine y sont associés. L’anniversaire de Harry, par exemple, est le 31 juillet. On le sait car l’article de La Gazette du Sorcier au sujet du cambriolage de Gringotts montre qu’il a eu lieu le 31 juillet et Harry s’exclame que lui-même et Hagrid se sont rendus à la banque ce jour-là. Harry dit aussi clairement que c’était le jour de son (onzième) anniversaire (ES8). Il est aussi montré que ce jour tombait un mardi (ES3) ; si nous savons que le second livre illustre l’année scolaire 1992-1993, son anniversaire dans le premier livre doit être en 1991. Mais le 31 juillet 1991 n’était pas un mardi, mais un mercredi !

Il y a d’autres dates spécifiques mentionnées, et qui ne fonctionnent pas entre elles. Par exemple, le premier chapitre de ES illustre le 1er novembre, le lendemain de l’assassinat des parents de Harry. D’après le livre, ce 1er novembre est un mardi. Mais il est impossible que le 1er novembre et le 31 juillet de n’importe quelle année soient tous deux des mardis. En 1993, la Saint Valentin tombe un dimanche, et c’est ce 14 février que Lockhart présente des nains chargés de transmettre des messages de Saint Valentin aux élèves. Mais il n’y a pas cours le dimanche ! L’incohérence la plus significative survient dans CF (Ndt : uniquement dans la version originale – sujet traité dans le calendrier de ce livre) : on voit que les 1er et 2 septembre tombent tous deux un lundi ! Mais ce n’est pas une incohérence survenant si l’on veut faire tenir ces événements dans une époque précise mais plutôt une erreur de la part de JKR.

Alors comment donner une certaine cohérence chronologique à tout cela ? C’est impossible, évidemment. Il est tout simplement impossible de faire concorder entre eux tous les jours de la semaine, les nuits de pleine lune, la date de naissance de Nicolas Flamel où le jeûne de 400 ans de Nick Quasi-Sans-Tête avec n’importe quel calendrier « réel ». Et ce n’est pas nécessaire. C’est une fiction, prenant place dans une réalité différente, un monde différent, un monde créé par Rowling. Quel merveilleux monde. Le fait que les jours et les dates se s’adaptent pas parfaitement n’en altère en rien la magie.