mardi 23 juillet 2019
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L’imprimerie et le Monde Magique

Comment font-ils tous ces livres ? L’imprimerie et le Monde Magique

Par Pepoluan*, le 10/05/2006.

J’ai lu l’essai Quand la magie rencontre la technologie moldue, de PrefectMarcus. Je l’ai aimé d’un bout à l’autre. Il fait voir le Monde Magique sous un angle pseudo-scientifique, presque de science-fiction. Etant moi-même un passionné de science-fiction, j’ai particulièrement apprécié cet essai.

L’essai finit sur une question : comment fonctionne une imprimerie magique ? PrefectMarcus propose quelques solutions possibles, comme un groupe de plumes ensorcelées (bien trop lent et compliqué) ou une simple presse offset (trop lent et compliqué aussi). Inutile de préciser que ces deux méthodes feraient grimper les prix des livres.

Bien qu’il n’y ait aucune certitude, laissez-moi vous exposer une hypothèse.

Les sorciers publient leurs livres de la même manière que les Moldus. Un sorcier ou une sorcière écrit son manuscrit avec sa plume, le complète avec des illustrations, etc. (il n’existe évidemment pas de Microsoft WizardWord¹, mais il semble y avoir des plumes qui acceptent la dictée…) Le manuscrit est ensuite envoyé à un agent littéraire, qui va le transmettre à un éditeur, et le manuscrit va faire le va-et-vient entre les deux jusqu’à ce qu’il soit achevé.

Ensuite, l’éditeur sorcier se rend à une imprimerie moldue – il existe des Moldus qui connaissent l’existence du Monde Magique, comme par exemple les Dursley (peu importe qu’ils le nient avec véhémence), les Granger, ou le Premier ministre britannique moldu. Je pense qu’il existe d’autres Moldus familiarisés avec le Monde Magique, et l’un (ou plusieurs) d’entre eux possède une imprimerie.

Ou, plus vraisemblablement, ils vont à n’importe quelle imprimerie, celle qui leur convient le mieux, qui offre la meilleure qualité à des prix raisonnables. De toute façon, les imprimeurs ne peuvent pas faire attention à tout ce qu’ils impriment sur leur Linotype-Hell², la seule chose qui importe étant que le manuscrit soit reçu en format QuarkXpress³ (ou n’importe quel autre format d’édition informatique). Le contenu imprimé doit ressembler à du Gobelbabil pour les Moldus… Mais qui s’en soucie? Le client paye. Un peu comme, par exemple, les imprimeries illégales de mon pays qui éditent des cochonneries pornographiques…

Hum, revenons à l’essai.

Je vous entends déjà protester : « Ha! Les ordinateurs ne peuvent pas fonctionner dans le Monde Magique, il n’y a donc pas de format QuarkXpress ! ». Voilà pourquoi l’éditeur sorcier demande d’abord l’aide d’un Moldu familier du Monde Magique et qui s’y connaît en informatique pour scanner/dactylographier/ce-que-vous-voulez le manuscrit et le mettre en format QuarkXpress.

Je vous entends d’ici répliquer : « Mais alors, comment expliquer les images animées ? Et les livres qui sautent et qui mordent ? » Eh bien, comme nous le montre l’appareil photo de Colin, il faut développer la pellicule avec une potion magique pour que l’image bouge vraiment. Dans ce cas donc, une fois que le Linotype a imprimé tout le tirage (ce qui ne prend que quelques heures – j’ai vu comment marchent ces machines, elles sont incroyablement rapides), les pages imprimées sont retournées à l’éditeur sorcier, qui va les compléter en imprimant – avec de l’encre magique, sans doute – toutes les images animées. Pour les livres plus fantaisistes, comme le Monstrueux Livre des Monstres, le livre est ensorcelé.

Cette merveilleuse collaboration entre sorciers et Moldus permet aux livres (et à la presse écrite) d’être imprimés rapidement, réédités chaque année s’il le faut, et, le plus important, à bas prix.

Et voilà. Un autre mystère de résolu.

¹ Ndt : allusion de l’auteur au logiciel de traitement de texte Microsoft Word, lui rajoutant le terme « Wizard » qui signifie bien évidemment « sorcier ».
² Ndt : allusion de l’auteur aux Linotype, des machines de composition mécaniques utilisées en imprimerie, en lui ajoutant un ton sorcier avec le mot « hell », qui signifie « enfer ».
³ Ndt : allusion de l’auteur aux logiciels informatiques utilisés en imprimerie : aujourd’hui, la plupart des manuscrits se rendent à l’imprimerie par mail, CD ou clef USB. Certains éditeurs refusent même les manuscrits papiers.* Note d’édition : ce qui suit est une notice « autobiographique » donnée par l’auteur : « Pepoluan est un sorcier né de parents moldus qui apprit qu’il en était un seulement après avoir obtenu son diplôme d’université, ce qui est très rare. Ainsi, il n’a jamais connu les plaisirs d’aucune école magique, et il a eu besoin de leçons particulières avec des tuteurs du ministère. Cette anomalie lui donne cependant une conscience unique des liens entre le Monde Magique et le Monde Moldu. »