lundi 16 septembre 2019
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Réflexions sur les chaussettes

par Sandra L. Diersing, le 01/05/2001.

Ce qu’il voudrait le plus, c’est une paire de chaussettes chaudes : c’est ce que Dumbledore a dit à Harry (ES12). Plaisante-t-il ? Est-ce que c’est un autre exemple de son humour particulier ?

Je pense que le Professeur Dumbledore a dit la vérité, même si Harry s’est posé des questions, car ce n’était pas clair. Les fans ont suggéré que les chaussettes représentent la liberté (Dobby), l’amour (les chaussettes tricotées par Molly Weasley) et le devoir (les vieux vêtements de Harry). Mais je pense d’abord à quelque chose que personne d’autre n’a suggéré à ma connaissance. Et je n’arrive pas à penser à une autre explication. Je m’explique :

Dumbledore n’a pas seulement dit qu’il voudrait qu’on lui offre des chaussettes ; il a également dit que « les gens s’obstinent » à lui offrir des livres. Je ne pense pas que les gens lui offrent des livres divertissants ; je pense, même si ce n’est pas prouvé, qu’on ne doit lui offrir des livres sur la magie.

Les cadeaux que les gens vous offrent reflètent l’image qu’ils ont de vous. Les gens voient Dumbledore comme une source de connaissances et un « protecteur » des bonnes gens. Il accepte cette image, sachant qu’il est la personne à qui elle va le mieux. Mais il aime les plaisirs tout simples (glaces au citron), le confort, la chaleur (des chaussettes chaudes, en laine), et une retraite confortable et sûre. (Combien de fois nous dit-on qu’il a l’air vieux ou fatigué, ou les deux ? N’a-t-il pas déjà sauvé le monde, en tuant Grindelwald ?) Il y a également une phrase dans le premier chapitre du premier livre où Dumbledore dit « Je n’ai jamais autant rougi depuis le jour où Madame Pomfresh m’a dit qu’elle trouvait mes nouveaux cache-oreilles ravissants. » C’est un aspect intéressant de ce vénérable sorcier si puissant, c’est une réponse très personnelle – rougissement – lié à ces cache-oreilles doux et chauds.

Un monde où Dumbledore pourrait espérer recevoir quelque chose de chaud, duveteux et prosaïque comme des chaussettes pour Noël serait un monde qui ne compterait pas. Ce serait un monde dans lequel il n’aurait pas à sacrifier la joie de vivre (ou la vie entière) du « garçon qui a survécu ».

Ndt : voir aussi l’intéressant essai sur la symbolique des chaussettes sur La Pensine.