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Les tyrans et leurs pions

par Quentin Lowagie, le 17/08/2005.

Certains auront pu observer la très forte ressemblance entre les Détraqueurs et les Nazgûl du Seigneur des Anneaux, du simple aspect extérieur à l’effet qu’ils provoquent sur les gens, et j’en passe. Rowling l’a-t-elle fait à dessein ?… Espérons juste qu’ils ne soient pas liés à Voldemort par un quelconque pouvoir, comme celui de l’Anneau, ou qu’ils n’aient pas un chef, plus fort que tous les autres. C’est néanmoins possible ; Azkaban doit tout de même avoir un « directeur »… Mais il serait assez dommage qu’ils deviennent trop proches des Nâzgul au fil des livres.

On peut aussi comparer les Détraqueurs aux agents et aux sentinelles de Matrix (des programmes et des robots), aux Garthims de Dark Crystal, au Stormtroopers de Star Wars (des clones) (mais ceux-ci sont en blanc), aux agents de THX 1138 (des robots), aux gardes de Tron (des programmes)… Cela s’inspire un peu des quatre Cavaliers de l’Apocalypse, mais on peut aussi souvent y voir une métaphore du capitalisme ou des troupes militaires du tyran d’un pays de notre monde, comme par exemple l’Allemagne nazie, au hasard ?… Il y a toujours (ou souvent) une sorte de « seigneur des ténèbres » qui les commande, un personnage (ou une entité, ou plusieurs personnages) qui a souvent autrefois été bon, ou du moins modéré.

Le fait qu’ils soient tous identiques et ne semblent pas éprouver de sentiments se rapproche encore plus des Nazis ou des autres militaires lobotomisés et hostiles. Les tyrans comme Hitler, Sauron ou Voldemort nient l’unicité de l’individu. Leurs serviteurs doivent juste le servir, pas penser. Ce ne sont pas ses alliés ou ses amis, juste des outils. La peur est leur meilleure arme et ils utilisent le noir à son plus haut point symbolique, le point négatif.

Quand j’évoque les tyrans dans mon titre, je parle de Voldemort, que les Détraqueurs ont finalement rejoint, mais je parle aussi du ministère de la Magie. Lui aussi peut revêtir cette vision négative. Il suffit de voir l’attitude de Fudge à la fin de CF qui engendrera la désinformation que le ministère s’efforcera de produire dans OP, et surtout la nomination d’Ombrage sans consulter Dumbledore. Ombrage était là pour confirmer que le retour de Voldemort était une légende et a tout fait pour annihiler tout forme de pensée individuelle (et donc contestataire) au sein de l’école. Harry en a le plus souffert avec ses retenues, tout ça parce qu’il remettait en question le système établi et ne pensait pas comme les autres élèves. Chaque fois que l’autorité du ministère vacillait, Fudge et Ombrage faisaient passer de nouveaux « décrets d’éducation » pour brider encore plus les élèves et professeurs. « Ne pensez pas, vous vous trompez, le ministère s’occupe de tout. » Dans PSM, Scrimgeour essaye de ne pas agir comme l’a fait Fudge et tente de se servir de Harry pour masquer le manque de compétences du ministère. Il veut faire de Harry un jouet, la mascotte du ministère, peu importe son avis et son individualité. Le ministère fait autre chose pour se rattraper : il emprisonne des sorciers soi-disant suspectés d’activités avec les Mangemorts, alors que Stan Rocade, par exemple, est innocent. Ils veulent faire croire qu’ils ont la situation bien en main. Bref, le ministère aussi est une forme de tyran, même si à partir de PSM ils se rattrapent un peu, du fait qu’ils cessent de mentir au Monde Magique.

La société magique a beaucoup de choses à nous apprendre, mais ils sont très en retard dans certains domaines ; plusieurs points dans la structure de leur société seraient vraiment à revoir…