mardi 22 octobre 2019
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L'art de l'inachevé : la fanfiction dans Harry Potter et l'art de raconter des histoires

par Cornelia Remi, le 01/07/2005.

Beaucoup de lecteurs passionnés et fans de Harry Potter veulent être plus que ça – simplement des lecteurs. En inventant leurs propres histoires sur Harry Potter et les autres personnages de la série de Rowling et en ajoutant de nouveaux éléments et structures à la sphère Harry Potter, ils endossent même le rôle d’auteur. Ils prennent à la fois le point de vue de Harry et celui de J. K. Rowling. Ainsi l’univers de la série Harry Potter paraît devenir plus approfondi et plus riche chaque jour. Cette croissance en complexité reflète des milliers d’expériences individuelles de lecture et une confrontation exclusive avec les livres de Rowling. Dès l’instant où ces expériences sont couchées par écrit sous forme de récits, tapées à l’ordinateur, publiées sur internet et lues, elles ont tendance à rendre floues les frontières du monde de Rowling, le divisant en plusieurs mondes Harry Potter possibles qui font seulement vaguement référence à l’histoire d’origine.

Ce n’est pas l’endroit pour discuter des questions légales de violation des droits d’auteur et de plagiat ou d’authenticité et d’imitation, puisqu’il est généralement admis aujourd’hui que tout texte est ouvertement ou secrètement relié à d’autres textes. Un texte peut être dérivé de textes antérieurs par le biais de l’imitation et de la transformation, en les continuant ou en les ré-écrivant. Les résonnances d’anciens textes et histoires peuvent s’entendre dans n’importe quelle oeuvre de fiction littéraire. Cet essai ne traite pas de la propriété intellectuelle. Il traite de la lecture, l’écriture et le pouvoir de raconter.

I. Le phénomène des histoires dérivées n’est pas unique à la série Harry Potter. C’est exactement ce que les grandes histoires ont toujours fait et feront toujours : elles ont tendance à se démultiplier, tout en préservant généralement toujours leur identité originale. Elles stimulent, incitent et poussent leurs lecteurs à fouiller dans l’immense richesse de leurs détails et à explorer leur abondance de noyaux et de graines narratives. En les laissant pousser à l’intérieur des histoires par elles-même. En les expérimentant et en jouant avec. Les histoires nées de ces jeux créatifs pourraient même être utilisées comme une observation sur les textes originaux de Rowling qui nous fait reconsidérer différentes significations et aspects de son oeuvre.

Personne, pas même le meilleur conteur du monde, ne peut tout dire. Pas même la formule finale « ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants » ne garantit que la fin a vraiment été atteinte et que tous les fils d’une histoire ont trouvé leur place dans sa trame. Comment, où et quand commence et finit une histoire ? Est-ce qu’on veut qu’elle finisse, de toute façon ? Doit-elle et peut-elle vraiment finir ? Il est relativement facile de définir le début et la fin d’un livre. Même si on pourrait débattre du statut des préfaces et des épilogues, des glossaires, des titres et des notes de bas de page, il semble sans danger de dire qu’un livre s’arrête là où ses pages et sa couverture s’arrêtent. Mais qu’en est-il d’une histoire ? Est-ce qu’elle s’arrête là où son livre s’arrête, dans son habit de papier ? Au moment où on clique sur le bouton de fermeture du document dans lequel elle est enregistrée dans l’ordinateur ? Est-ce qu’elle finit quand on la laisse sortir de notre conscience et de notre mémoire ou quand la dernière preuve de son existence a été détruite ?

Une histoire ne finit pas là où elle paraît finir. Ce sont précisément ces passages où on croit avoir repéré des fins perdues et vides, des abîmes et des gouffres, des trous et des brèches, qui deviennent souvent les passages les plus denses d’un texte parce qu’ils nous invitent, nous les lecteurs, à prendre part à la création de l’histoire. Pendant que l’ auteur nous guide doucement dans une certaine direction, on essaye de combler les trous en puisant dans le réservoir de nos propres expériences et de nos attentes.

Chaque histoire est saturée de ce vide et de cette imprécision et constitue ainsi une source inépuisable de potentiel narratif ; aucune histoire ne peut être totalement complète et inclure le monde entier dans son univers propre, explorer tous ses personnages au plus profond de leurs esprits, décrire chaque mouvement ou détail secondaire. Il reste tellement de choses à raconter : les évènements qui se passent avant, après et en parallèle de l’intrigue principale d’une histoire ; tous les cours différents qu’elle aurait pu prendre à la place ; les lettres invisibles dissimulées dans les fibres de ses pages ; les sons et les mélodies vibrant dans chacun des mots de la bouche d’un conteur ; et les mots inexprimés cachés dans les espaces entre les lignes et dans les trous de l’intrigue. Ces histoires ne doivent pas forcément dormir pour toujours. Elles sont des Belles au Bois Dormant 96 attendant seulement que quelqu’un les embrasse pour les réveiller, quelqu’un qui leur donne une opportunité de déployer leurs ailes.

II. Même au Moyen-Âge ou dans le monde antique, les gens ressentaient le désir d’en raconter plus. Parfois simplement pour ne pas laisser leurs histoires préférées tomber dans l’oubli. Plus souvent probablement pour y mêler leurs propres intérêts, leurs questions et leurs points de vue. Ils commencèrent à raconter des suites et des préquelles, des ‘avant’ et des ‘après’ aux histoires, aussi bien que des histoires dans des avant-propos et des reprises concentrées sur des évènements et des personnages marginaux à l’origine.

Prenez les Evangiles apocryphes de St James et de St Thomas, qui non seulement parlent de quelques miracles vraiment étranges que Jesus accomplit quand il était petit garçon mais aussi de la naissance et de l’enfance de sa mère. Prenez l’Illiade et l’Odyssée d’Homère, qui toutes les deux, malgré leur grandeur et leur longueur, ne sont comparativement que de petits extraits d’un chaudron d’histoires plus complet. Par conséquent, d’autres poètes développèrent des épisodes des épopées d’Homer dans leurs propres oeuvres, comme Euripide le fit dans certains de ses grandes tragédies, ou créèrent des cycles d’épopées constituant des préquelles et des suites de ses oeuvres. L’exemple le plus célèbre est Virgile, bien sûr, dont l’Eneïde est essentiellement une tentative de raconter l’histoire de la Guerre de Troie et les voyages ultérieurs de ses héros d’un autre point de vue que celui d’Homère.

Au Moyen-Âge, Wolfram von Eschenbach lança l’une des reprises les plus volumineuses dans l’histoire de la littérature mondiale quand il ajouta deux poèmes provocament courts et ouverts à son Parzifal (lequel, d’ailleurs, adapte et développe un modèle français, le Perceval de ChrE9tien de Troie). Dans une des scènes les plus connues de cette épopée, le héros éponyme rencontre sa cousine Sigune, assise sur un tilleul avec un chevalier mort sur ses genoux. Les deux fragments de Titurel montrent des épisodes de l’histoire précédente qui amène à cet incompréhensible et mystérieux moment – une histoire qui parle d’amour, de langue, de lecture et d’une laisse de chien. De toute évidence ce n’était pas assez pour résoudre l’énigme de cette scène. Alors que la jeune branche narrative jaillie de l’histoire de Parzival manquait d’une conclusion claire, elle fut plus tard poussée à la taille d’un respectable séquoïa – par Titurel le Jeune, qui en fit de manière stupéfiante non seulement le récit laïque germanique le plus étendu du 13ème siècle mais aussi l’épopée la plus transmise de son temps.

Nulle part, en effet, le besoin d’achèvement et de suite ne peut être observé de manière aussi flagrante que dans la romance Arthurienne. Les histoires sur les chevaliers d’Arthur sont assemblées en cycles et constituées de blocs où une histoire entraîne la suivante. Même après que l’univers Arthurien tout entier semble avoir été rassemblé et amené à une fin dans le dossier géant du Thème de Lancelot, la narration continue. La mort d’Arthur n’est pas la mort de la création Arthurienne, sa tradition est vivante et productive dans la période contemporaine, du Saint Graal des Monty Python aux Brumes d’Avalon (Ndt: de Marion Zimmer Bradley).

Pensez aux innombrables adaptations, suites, préquelles ou parodies qui ont fleuri à partir des pièces de Shakespeare – des livres comme The Girlhood of Shakespeare’s Heroines de Mary Cowden Clarke par exemple. Pensez à l’inondation tout à fait écrasante de suites aux oeuvres de Jane Austen. Pensez à toutes les réécritures modernistes des classiques. Pensez aux films Star Wars. Et n’oubliez pas les fanfictions Harry Potter.

Il faut marquer une importante différence, cependant, entre les fanfictions et les autres récits entrecroisés du type des textes précédants. Le terme « fanfiction » implique une admiration fervente du texte original et de sa créatrice qui préserve une hiérarchie claire entre ce texte (ou corpus de texte) central et la fanfiction. Les auteurs de fanfictions Harry Potter n’ont généralement pas l’intention que leurs textes fassent de la concurrence aux livres de Rowling, de les surpasser en qualité ou même de les remplacer. Par cet aspet leurs textes diffèrent considérablement des tentatives d’exploitation commerciale du phénomène Potter – des projets comme le faux cinquième tome Harry Potter and Leopard-Walk-Up-To-Dragon qui a été publié en Chine en 2002, soi-disant rédigé par Rowling elle-même.

La frontière entre de telles impostures transgressant le droit d’auteur et la fanfiction fidèle peut être établie généralement assez facilement, alors qu’il est plus difficile de faire la dictinction entre les fanfictions parodies ou pastiches et les exemples dans le genre du Barry Trotter et la Parodie Éhontée de Michael Gerber ou les numéros sur Potter du Mad Magazine. Tant que leur attitude envers les livres de Rowling gardent un équilibre entre la critique caustique et l’enthousiasme passionné ils pourraient probablement être aussi bien considérés comme des échantillons des fanfictions , bien que commerciaux.

III. En fait il y a des techniques et des outils que les auteurs de fanfictions HP utilisent souvent: ils réarrangent les éléments connus des histoires de Rowling et en ajoutent de nouveaux. Parfois ils transposent les personnages de Rowling dans des contextes différents et ils affectionnent les situations qui naissent de ces configurations. Souvent ils évoluent dans les marges des intrigues de Rowling plutôt que dans leur coeur. Le plus fréquemment ils racontent l’histoire de Harry avec de nouveaux points de vue – ou ils choisissent de ne pas raconter l’histoire de Harry, après tout, mais celle de Draco, Hermione, Sirius, Rogue, Neville ou Rusard. Cela leur donne l’opportunité soit d’enrichir l’intrigue des livres de Rowling avec de la matière nouvelle, d’ajouter d’autres intrigues secondaires, soit de développer l’ intrigue originale en avant ou en arrière dans le temps. Comment les Dursley ont-ils quitté la Cabane au sommet du rocher après qu’Hagrid et Harry aient pris le canot pour regagner la côte ? Neville va-t-il un jour découvrir ses véritables pouvoirs magiques ? Que faisait Lupin avant de venir enseigner la Défense Contre les Forces du Mal à Poudlard ? Comment exactement Rogue est-il passé de Mangemort à membre de l’Ordre du Phénix ? Est-ce qu’un jour il arrivera la même chose à Draco Malefoy ? Lesquels des amis de Harry vont encore mourir ? Et – le plus important : qui va sortir avec qui ?

Le fait que les relations amoureuses ou même sexuelles entre les personnages sont un sujet majeur dans les fanfictions – aussi bien Harry Potter que en général – nous amène à certains problèmes d’esthétique propres à ce genre de littérature. Car bien que les fanfictions puissent atteindre une qualité étonnante, elles tendent souvent à satisfaire un désir relativement évident de banales intrigues basiques et de fins heureuses (quoique même un évènement comme un mariage entre McGonagall et Dumbledore semble presque innocent comparé aux modifications que Nahum Tate infligea au Roi Lear en 1681, en faisant revenir Lear pour diriger son royaume et en mariant Cordelia avec Edgar…). Cette banalité peut être à la fois amusante et dangereuse puisque les fanfictions banales tendent parfois à déformer leur texte d’origine et nous obliger à voir seulement ce que leurs auteurs veulent voir dans Harry Potter – et rien d’autre…

IV. Heureusement il existe certaines limites au pouvoir d’interprétation et de transformation de la fanfiction – aussi bien de manière générale que dans le cas des livres de Rowling. Dans une conférence sur l’Interprétation et la Surinterprétation, Umberto Eco a présenté un passionnant exemple de ces limites: « Mais si Jack l’ Eventreur venait nous dire que son interprétation de l’Evangile selon saint Luc est à l’origine de ses actes, il me semble que de nombreux critiques, parmi ceux qui privilégient le lecteur (reader-oriented critics), seraient tentés de penser qu’il a lu saint Luc de façon passablement absurde. Quant aux critiques qui ne privilégient pas le lecteur, ils diraient que Jack l’Eventreur était complètement fou […] »

Dans le cas précis de Harry Potter, cependant, il y a même d’autres difficultés et d’autres problèmes qui se présentent pour les auteurs de fanfictions qui ne veulent pas être pris pour des cinglés. Certaines tentatives de fanfictions seraient en effet vouées à l ‘échec’ par ces conditions spéciales. Parce que contrairement à Shakespeare, Homère, Wolfram von Eschenbach ou Jane Austen, Joanne K. Rowling est heureusement toujours bien vivante et active – et, aussi absurde que ça puisse paraître à certains post-modernistes – elle écrit l’histoire centrale, d’une certaine manière définitive, de Harry, l’enfant de son propre esprit. Rowling décide! Elle peut restreindre ou élargir le potentiel narratif de ses livres de manière décisive en faisant mourir certains personnages et en introduisant de nouveaux.

Parfois elle hausse même la voix dans une tentative délibérée de démentir certaines rumeurs sur ses livres – et par la même occasion, contre certaines atteintes portées par ses parodieurs et les auteurs de fanfictions. La critique contenue dans le personnage de Rita Skeeter pourrait bien ne pas seulement avoir pour cible l’attitude des médias de masse envers l’honnêteté et la vérité , mais aussi faire une remarque sur quelques auteurs de fanfictions trop zélés… Ce qui peut nous rappeler Cervantes, qui avait écrit la deuxième partie de son Don Quichote en partie pour se défendre contre un certain Alonso FernE1ndez de Avellaneda qui avait publié sans autorisation une suite du célèbre roman de Cervantes.

Chaque nouvelle tentative d’écrire une fanfiction Harry Potter doit donc trouver un équilibre entre l’indéterminisme des textes et la détermination exercée par la seule et unique véritable auteur de Harry – J. K. Rowling, qui a naturellement privilégié l’accès à l’avenir et au passé de Harry, à l’histoire de la vie de chacun de ses personages, ses particularités et ses secrets. On n’aurait jamais découvert la cicatrice au-dessus du genou gauche d’Albus Dumbledore et son utilité pour les usagers du Métro de Londres si Rowling ne le lui avait pas fait dire par McGonagall (ES1).

Ici nous touchons un point crucial: Rowling cultive avec soin sa réputation d’avoir un plan très détaillé. Personne ne sait combien elle a encore de carnets de notes sous le coude. Et donc personne ne sait où peuvent se situer exactement les frontières du monde qu’elle a imaginé jusqu’à maintenant – où elles commencent à se fondre dans l’inconnu et l’indéterminé. C’est le cas pour n’importe quelle description du bureau de Minerva McGonagall aussi bien que les environs proches du numéro 4, Privet Drive. Et – reconnaissons-le – même s’il y a des choses qu’elle n’a pas encore développées et des questions auxquelles elle n’a pas encore répondu par elle-même, elle trouvera les meilleures réponses dès qu’on lui posera les bonnes questions. Modeler le monde de Harry exactement là où il a besoin d’être modelé – voilà le privilège de l’auteur. On peut observer la judicieuse stratégie de recel d’information de Rowling particulièrement avant la publication de l’Ordre du Phénix, quand elle joua avec l’impatience des lecteurs en annonçant la mort d’un personnage principal. En ayant ça à l’esprit, le suspense dans lequel elle nous tenait en haleine fut au moins doublé pour quelques chapitres de l’Ordre du Phénix : Et si Mr Weasley … ?

Donc Rowling fixe les limites, même si ces limites peuvent être dépassées par des auteurs individuels. Une importante raison pour qu’il semble si attirant et excitant d’écrire et de lire des fanfictions Harry Potter actuellement est certainement le fait de savoir que de telles limites existent et que toutes les intrigues principales ont déjà été définies, bien qu’elles nous paraissent encore indéterminées que le sont les personnages de la série. Les centaures peuvent être capables de prédire l’avenir, nous n’avons pas ce don. Ainsi nous autres Potter fans vivons dans une situation assez spéciale maintenant, balançant entre la curiosité pour les plans définitifs de Rowling et la liberté de tordre l’ l’intrigue comme on veut la tordre 96 pour le moment. La série Harry Potter se présente comme un fragment préliminaire qui paraît tellement attirant et stimulant simplement par son manque de fin. (Et aussi par quelques autres qualités, bien sûr…)

Ecrire et lire des fanfictions peut être agréable et divertissant. Mais aussi forte que soit l’impulsion qu’on reçoit du potentiel narratif des livres de Rowling, nos textes amateurs ne nous satisferont jamais aussi parfaitement que l’original. Premièrement, parce que nous savons qu’ils ne sont pas l’histoire définitive . Et deuxièmement, à cause d’un profond paradoxe propre au concept même de fanfiction qui nous pousse dans un compromis impossible entre nouveauté et répétition. D’un côté, on se languit de lire quelque chose de nouveau et inattendu, un supplément narratif qui diffère des aventures Potteriennes qu’on a tellement lues. D’un autre côté, on désire reproduire les plaisirs de nos lectures passées, pour revivre notre première rencontre avec les personnages et évènements qui nous sont si familiers.

Mais ça ne peut pas se faire. La précieuse expérience de notre toute première lecture est en effet unique et derrière nous pour toujours même si on essaye de l’entretenir autant que possible. Cependant, s’aggripper aux histoires est peut-être ce qui a fait naître le phénomène des auteurs de fanfictions – tout compte fait, comme J. K. Rowling elle-même, ils ont à affronter un inconvénient majeur de leur travail: Ils ne peuvent et ne pourront jamais lire leur propres textes pour la toute première fois. En cela, on vous plaint, Mrs Rowling.

Néanmoins, on ne devrait pas s’arrêter de chercher plus d’histoires, de questions et de réponses dans l’univers Harry Potter. Car, comme la poète suédoise Karin Boye le fait remarquer dans un de ses poèmes les plus célèbres : « Our journey might turn out to be in vain / But it’s the path itself that’s worth the pain. » Même si la fin ne satisfait pas toujours nos attentes et nos désirs – qui voudrait vivre sans histoires ?